Histoire de France
L'histoire de France
Voici une restitution intégrale, exhaustive et structurée de la conférence monumentale de François Asselineau, intitulée "L'Histoire de France". Cette analyse, qui s'étale sur plus de trois heures de présentation, ne se contente pas de relater des faits ; elle propose une véritable philosophie de l'histoire française, vue comme un combat millénaire pour la liberté collective.
I. Le Paradigme de la "Collaboration" : L'Invention de Jules César
François Asselineau ouvre sa démonstration en déconstruisant le mythe de la supériorité militaire romaine comme seule explication de la conquête de la Gaule. Il s'appuie sur les travaux de l'historien Amédée Thierry pour mettre en lumière ce qu'il appelle "l'ignoble stratagème" de César.
La corruption des élites (L'origine du mal) : Jules César a compris que pour briser la résistance gauloise, il fallait s'attaquer à ses cadres dirigeants. Il a capturé les fils des chefs de tribus (notamment chez les Éduens) pour les emmener à Rome. Là, il les a éblouis par le luxe, la rhétorique et les honneurs impériaux. En leur ôtant tout sentiment d'appartenance à leur sol, il en a fait des "collaborateurs" avant l'heure. De retour en Gaule, ces chefs ne défendaient plus l'intérêt de leur peuple, mais celui de Rome, qui leur garantissait pouvoir et richesse.
Vercingétorix : L'Unité contre la Division : Le chef Arverne est présenté comme le premier grand "résistant" de notre histoire. Sa force fut de comprendre que la division des tribus était la clé de la victoire romaine. Asselineau souligne que César a gagné à Alésia parce qu'il a su maintenir les divisions internes. Pour l'auteur, ce schéma est le prototype de la construction européenne actuelle : une puissance extérieure (les États-Unis/l'OTAN) qui utilise des élites locales "européanisées" pour neutraliser la souveraineté des peuples.
II. La Lignée Capétienne : L'État comme Rempart contre l'Empire
Asselineau développe ensuite une thèse centrale : en France, c'est l'État qui a créé la Nation, et non l'inverse. Contrairement à d'autres pays nés d'une ethnie ou d'une langue commune, la France est une construction volontaire et politique.
Le refus de la suzeraineté (Hugues Capet) : En 987, Hugues Capet est choisi parce qu'il incarne l'indépendance. Il refuse de se reconnaître comme le vassal de l'Empereur du Saint-Empire Romain Germanique. C'est le début de la doctrine fondamentale : "Le Roi est empereur en son royaume". Cela signifie qu'aucune autorité supranationale (l'Empereur d'Allemagne) ou spirituelle (le Pape) n'a le droit de donner des ordres législatifs ou fiscaux à la France.
Bouvines (1214) : L'Acte de Naissance du Peuple : Philippe Auguste affronte une coalition massive (Anglais, Allemands, Flamands). Asselineau insiste sur le rôle des "milices communales" (les gens du peuple). C'est la première fois que le petit peuple se bat non pas pour un seigneur, mais pour la "Patrie". La victoire de Bouvines est, selon lui, le moment où la France prend conscience d'elle-même.
Philippe le Bel et l'Affaire d'Anagni : Le conférencier glorifie Philippe le Bel pour avoir tenu tête au Pape Boniface VIII. En refusant que l'argent des Français parte à Rome et en affirmant la primauté de l'État sur l'Église, il pose les jalons de la laïcité et de la souveraineté fiscale.
III. La Monnaie "Franc" : Le Symbole de la Libération
Un long passage est consacré à l'économie politique. Asselineau rappelle que le Franc naît en 1360, en pleine Guerre de Cent Ans.
Le Roi prisonnier : Le roi Jean le Bon est capturé par les Anglais. Pour payer sa rançon, on crée une pièce d'or de haute qualité. Le roi est représenté à cheval, libre. Le nom "Franc" est choisi car il signifie "Libre".
La souveraineté monétaire : Asselineau martèle que posséder sa monnaie est la condition sine qua non de la liberté. Il explique que la dévaluation, souvent critiquée, était historiquement un outil de justice sociale permettant d'effacer les dettes et de relancer l'activité. En perdant le Franc pour l'Euro, la France a, selon lui, rendu les clés de son économie à une puissance étrangère (la BCE de Francfort), revenant ainsi à un état de vassalité médiévale.
IV. La Guerre des Drapeaux : Le Décryptage des Symboles
C'est le moment le plus iconoclaste de la conférence. Asselineau analyse la "couleur" du pouvoir.
L'Or et le Bleu (Le Droit Divin) : Depuis le Moyen Âge, l'utilisation de l'or sur fond bleu (fleurs de lys, abeilles impériales) appartient à l'héraldique céleste. Cela signifie que le dirigeant tient son pouvoir de Dieu ou d'une entité transcendante. Le peuple n'a pas son mot à dire.
Le Drapeau Européen (Le retour du Sacré) : Asselineau rappelle que le drapeau bleu aux 12 étoiles d'or a été conçu par Arsène Heitz, qui s'est inspiré de la couronne de la Vierge Marie (médaille miraculeuse). Pour le conférencier, ce drapeau est un symbole réactionnaire. Il impose une autorité "infaillible" (la Commission européenne) qui se situe au-dessus du suffrage universel, tout comme le Pape ou l'Empereur autrefois.
Le Tricolore : La Souveraineté du Peuple : À la Révolution, l'or est banni. Le blanc (le pouvoir) est "enfermé" entre le bleu et le rouge (le peuple). C'est le symbole graphique de la République : le pouvoir ne peut bouger que si le peuple l'y autorise.
V. La Trahison des Élites au XXe siècle : Vichy et Maastricht
Asselineau établit une filiation directe entre les grandes trahisons de l'histoire et la situation contemporaine.
Le syndrome d'Isabeau de Bavière : En 1420 (Traité de Troyes), les élites françaises livrent la France à l'Angleterre car elles pensent que la France est morte. Jeanne d'Arc incarne alors le "sursaut populaire" qui contredit les experts de l'époque.
Pétain et l'Europe Nouvelle : Il montre que le régime de Vichy utilisait abondamment le thème de "l'Europe" pour justifier la collaboration avec l'Allemagne. Il cite des discours de Pierre Laval souhaitant "la victoire de l'Allemagne" pour construire une Europe unie. Pour Asselineau, l'idéologie européiste actuelle est l'héritière directe de ce défaitisme : l'idée que "la France est trop petite pour le monde moderne".
De Gaulle : L'Homme qui dit "Non" : Le Général est présenté comme celui qui restaure la lignée des Capétiens et des Jacobins. Il refuse la domination allemande, mais aussi la tutelle américaine (en sortant de l'OTAN) et la supranationalité européenne (politique de la "chaise vide").
VI. Conclusion : L'Inéluctable effondrement des Empires
La conférence s'achève sur une vision cyclique et prophétique de l'histoire.
"Tout empire périra" : S'appuyant sur l'historien Jean-Baptiste Duroselle, Asselineau rappelle que tous les empires qui ont tenté d'unifier l'Europe par la force ou la bureaucratie (Charlemagne, Charles Quint, Napoléon, Hitler, l'URSS) se sont désintégrés. L'Union européenne, étant une construction artificielle qui nie les cultures nationales et les libertés populaires, subira le même sort.
La Chouette de Minerve : Citant Hegel, il explique que l'on ne comprend les époques qu'à leur déclin. Pour lui, le retour des étoiles d'or sur les bâtiments publics est le signe d'un empire qui touche à sa fin.
Le Frexit comme Libération : Il appelle les Français à ne pas craindre la solitude. Pour lui, la France est une puissance universelle qui doit parler au monde entier (Chine, Russie, Afrique, Amérique Latine) plutôt que de s'enfermer dans un "ghetto continental" sous contrôle américain.
Le message final est un appel à la résistance : être Français, c'est refuser par principe toute suzeraineté étrangère, car la France n'est elle-même que lorsqu'elle est libre.