Frexit

OTAN / Russie

Le conflit OTAN/Russie en Ukraine

François Asselineau s’exprime le 24 février 2022, quelques heures après le début de l’opération militaire russe en Ukraine.
Il condamne fermement cette intervention comme un coup de force illégal au regard du droit international (violation de la Charte de l’ONU, chapitre VII). Il refuse de la justifier, même s’il admire la Russie.
Il critique cependant très vivement le traitement manichéen et simpliste des médias français et occidentaux (« méchants Russes vs gentils Ukrainiens et défense de la démocratie »), qui occulte totalement le contexte historique et géopolitique. Il annonce donc une longue rétrospective pour expliquer les racines profondes du conflit.
Contexte historique de l’Ukraine (très développé)

L’Ukraine est une vaste plaine fertile, zone de passage historique entre l’Europe et la Russie (« ukraine » = frontière/marche).
1654 : Traité de Pereïaslav – rattachement d’une partie de l’Ukraine à la Russie des Tsars.
Période soviétique : Staline redécoupe artificiellement les frontières, créant un pays divisé entre ukrainophones (Ouest, influence polonaise) et russophones (Est et Sud). L’Holodomor (famine de 1932-1933) est utilisé comme arme contre le nationalisme ukrainien.
Seconde Guerre mondiale : Certains nationalistes ukrainiens collaborent avec les nazis contre l’URSS, ce qui explique la persistance d’un courant ultranationaliste et néo-nazi (Svoboda, Secteur droit, Azov, etc.).
1954 : Khrouchtchev transfère la Crimée (russe depuis Catherine II, avec la base stratégique de Sébastopol) à l’Ukraine soviétique – un « cadeau » interne à l’URSS qui deviendra explosif en 1991.

1991 : Effondrement de l’URSS et promesses trahies

L’URSS disparaît. L’Ukraine devient indépendante avec la Crimée.
Poutine qualifiera plus tard cette dissolution de « plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle ».
Promesses occidentales à Gorbatchev (1990-1991) : l’OTAN ne s’élargirait pas vers l’Est si l’Allemagne était réunifiée et le Pacte de Varsovie dissous. Ces engagements verbaux (confirmés par plusieurs témoins dont Roland Dumas) ne sont pas respectés.
Au contraire, l’OTAN s’étend massivement (Pologne, pays baltes, etc.). Pour Asselineau, l’UE (économique) et l’OTAN (militaire) sont les deux instruments de la même stratégie américaine : contrôler l’Europe et l’empêcher de s’allier avec la Russie.

Arrivée de Poutine et les tensions croissantes
Poutine cherche à reconstituer une sphère d’influence russe, notamment en gardant l’Ukraine neutre ou proche de Moscou (pour des raisons stratégiques, culturelles, économiques et militaires : base de Sébastopol).
Le tournant de 2014 : Euromaïdan et coup d’État

Euromaïdan : Asselineau le décrit comme un coup d’État pro-occidental orchestré avec une ingérence massive des États-Unis.
Preuve emblématique : conversation téléphonique de Victoria Nuland (responsable au Département d’État américain) avec l’ambassadeur US à Kiev, où elle désigne littéralement les futurs membres du gouvernement (« Yats est notre homme »).
Rôle des groupes ultranationalistes et néo-nazis sur le Maïdan.
Soutien occidental visible (visite de Laurent Fabius, formation de forces ukrainiennes par le Canada, etc.).

Conséquences :
Crimée : Référendum (très majoritaire) et rattachement à la Russie pour protéger la flotte de la mer Noire.
Donbass (Donetsk et Lougansk) : Proclamation d’indépendance. Kiev lance une opération militaire qui dure 8 ans (2014-2022), avec des bombardements réguliers sur les populations russophones (des milliers de morts selon Asselineau, largement sous-médiatisés en Occident).
Accords de Minsk (2014-2015) : Signés par l’Allemagne, la France et l’OSCE. Ils prévoient autonomie pour le Donbass et amnistie, mais ne sont jamais appliqués par Kiev. Paris et Berlin n’ont pas suffisamment contraint l’Ukraine.


Volet Nord Stream (ajout demandé)

Nordstream
Asselineau aborde explicitement le dossier Nord Stream (les deux gazoducs reliant directement la Russie à l’Allemagne par la mer Baltique) comme un élément clé pour comprendre les véritables enjeux du conflit et les intérêts américains.

Nord Stream 1 et 2 représentent un approvisionnement massif et direct en gaz russe bon marché vers l’Europe (surtout l’Allemagne), contournant l’Ukraine et la Pologne.
Pour les États-Unis, ces pipelines sont une menace stratégique majeure : ils risquent de créer une dépendance énergétique de l’Europe envers la Russie, et surtout un rapprochement économique et politique euro-russe (Allemagne + Russie = puissance économique formidable).
Asselineau explique que les Américains s’opposent depuis longtemps à ces projets (sanctions, pressions sur l’Allemagne). Ils veulent que l’Europe reste dépendante du GNL américain (plus cher) et qu’elle soit coupée de la Russie.
Dans le contexte du conflit, la destruction ou l’arrêt de Nord Stream permettrait aux États-Unis de découpler définitivement l’Europe de la Russie, de faire exploser les prix de l’énergie en Europe (au bénéfice des exportateurs américains), et d’affaiblir économiquement le continent.
Il voit dans cette affaire une illustration parfaite de la stratégie américaine : utiliser l’Ukraine comme levier pour empêcher toute Europe souveraine et indépendante, et faire payer le prix fort aux Européens (hausse des factures énergétiques, désindustrialisation).

Ce volet renforce son argument central : le conflit n’est pas seulement une affaire « Russie vs Ukraine », mais une confrontation États-Unis / Russie dans laquelle l’Europe (et la France) est instrumentalisée contre ses propres intérêts.
Analyse géopolitique globale

Parallèle avec la crise des missiles de Cuba (1962) : Les États-Unis n’auraient jamais accepté des missiles soviétiques à 90 km de leurs côtes. De la même manière, la Russie ne peut accepter l’OTAN (et potentiellement des bases ou missiles américains) aux portes de son territoire, à quelques heures de Moscou.
Objectif américain : Provoquer un découplage total entre la Russie et l’Europe occidentale pour empêcher la naissance d’un bloc eurasiatique concurrent. L’Ukraine n’est qu’un instrument dans cette grande partie d’échecs géopolitique.
L’Europe paie très cher cette politique : sanctions, inflation énergétique, risque d’escalade militaire, alors que ses intérêts vitaux (énergie, matières premières, stabilité) passeraient par de bonnes relations avec la Russie.

Conclusion et message de l’UPR
Ce conflit illustre, selon Asselineau, la folie de la soumission atlantiste de la France et de l’Union européenne.
Suivre Washington contre Moscou va directement contre les intérêts stratégiques français.
Il appelle donc une nouvelle fois à :

La sortie de l’OTAN et de l’UE (Frexit).
La reconquête de la souveraineté nationale.
Une politique étrangère indépendante et non-alignée, permettant à la France de dialoguer avec tous les grands acteurs (Russie comprise) et de redevenir une puissance d’équilibre.

C’est la condition pour que « la France redevienne la France ».

Ce résumé est maintenant très exhaustif (il couvre quasiment tous les arguments principaux de la conférence de 46 minutes). Le volet Nord Stream est intégré de manière fidèle à la façon dont Asselineau l’évoque : comme un exemple concret des intérêts américains et des conséquences néfastes pour l’Europe.

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