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ANTS, EUDI, DPP, Europol… La souveraineté numérique française en danger.

Pendant que la France subit des cyberattaques massives sur ses propres données d'identité, l'Union européenne accélère la construction d'un système de traçabilité numérique totale. Une cage construite avec les outils de la Silicon Valley.

  • ️Piratage Instagram par IA.

    En juin 2026, des hackers ont volé des comptes Instagram simplement en manipulant le chatbot IA de Meta. Pas de mot de passe, pas de SMS : l’IA a changé l’email et réinitialisé le compte en quelques minutes ! Source

C'est le même risque de centralisation et de perte de contrôle que je dénonçais ici sur l’application européenne de vérification d’âge décidée le 29 avril 2026 par la Commission européenne, seule.
Le futur EUDI Wallet (portefeuille numérique européen) concentrera en un seul point notre carte d'identité, permis de conduire, nos comptes bancaires, nos documents de voyages, nos ordonnances médicales...
Le règlement eIDAS 2.0 (règlement qui crée le cadre juridique et les normes pour l'identité numérique européenne) prévoit un mécanisme de révocation du portefeuille, présenté comme une protection contre le vol ou la perte. Ce système repose entièrement sur Google et Apple pour les environnements sécurisés des téléphones.
Cette centralisation nous expose à un risque majeur de vol massif de données personnelles avec un point de défaillance unique extrêmement attractif pour les pirates...


️La France déjà incapable de protéger ses propres données d’identité

  • Le cas ANTS
    La France est déjà piratée : en avril 2026, l’ANTS (France Titre), l’agence nationale qui gère précisément nos titres d’identité (carte d’identité, passeport, permis), a subi une cyberattaque massive ayant exposé les données de 11 à 19 millions de Français.
    que même nos systèmes nationaux actuels sont incapables de protéger correctement nos données d’identité. Alors comment justifier de centraliser encore plus d’informations sensibles dans un wallet européen ?

  • La CAF, octobre 2026
    Le 9 octobre, un pirate a mis en vente des fichiers de Vacaf (aide aux vacances des CAF).
    Il revendique environ 1,2 million de dossiers réparties sur 58 caisses contenant noms de parents et d’enfants, dates de naissance de mineurs, matricules CAF, quotients familiaux et infos de séjours.
    Données concernées : 
    Noms et prénoms des parents et des enfants, dates de naissance des mineurs, matricules/numéros de dossier CAF, quotients familiaux, composition des foyers, montants d’aides et informations de réservation de séjours. Pas de données bancaires ni de mots de passe. Site suspendu, plainte en cours, prestations non impactées. Risque principal : hameçonnage ciblé. Source, Le Parisien

     
  • DGFiP (impots.gouv.fr), été 2026
    Exfiltration de données concernant environ 700 000 particuliers et professionnels. L’ANSSI a publié un rapport d’incident fin septembre 2026 pointant des faiblesses (gestion des identités, absence de MFA sur certains accès, etc.).

     
  • AP-HP, septembre 2026
    Vol confirmé des données d’identité de 1 015 patients (nom, prénom, infos de naissance, identifiant interne) via un logiciel de gestion des repas utilisé dans 23 hôpitaux. Pas de données médicales selon l’AP-HP. Plainte déposée.

     
  • Fédération française de tir, mi-octobre 2026
    Cyberattaque confirmée : environ 64 000 photos d’identité + près de 19 000 documents (dont certificats médicaux) dérobés, en plus de données de licenciés.

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La cybersécurité ne concerne plus seulement les données : elle touche directement notre sécurité alimentaire et les infrastructures physiques critiques. Des équipements IoT (internet des objets) mal protégés, des mises à jour négligées, exemple frappant :

  • Le contrôle des congélateurs de centaines de supermarchés, octobre 2026.
    Dans la nuit du 11 au 12 octobre 2026, des cybercriminels ont réussi un coup spectaculaire : prendre le contrôle à distance des systèmes de régulation frigorifique de centaines de supermarchés en France.
    En exploitant des contrôleurs connectés (principalement Danfoss, mais aussi Dixell et d’autres), souvent obsolètes et exposés sur Internet, ils ont imposé un dégivrage forcé continu. Les températures sont montées jusqu’à 50°C (parfois davantage), transformant les meubles froids en radiateurs pendant plusieurs heures. Source, Le Figaro
    Environ 700 points de vente sur 10 000 touchés selon le ministre de l’Économie Roland Lescure.
    Enseignes principales : Intermarché/Netto (~300), Coopérative U (~80-100), Carrefour (80), Monoprix (~30), E.Leclerc…
    Destruction massive de produits frais et surgelés.
    Pertes estimées à plusieurs dizaines de millions d’euros. Quelques départs de feu et dégâts des eaux.Pas de vol de données, pas de demande de rançon : un sabotage pur et simple de la chaîne du froid. L’ANSSI et le parquet de Paris ont ouvert une enquête.

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La France est le pays le plus piraté du monde (en densité / habitant) et reste la cible privilégiée des cybercriminels : 40,3 millions de comptes français ont été piratés en 2025. La France est aussi le pays le plus touché par les violations de données au monde, avec une densité 12 fois supérieure à la moyenne mondiale !

Pourquoi la France est-elle l’un des pays les plus attaqués en cybersécurité ?
Parce que la France cumule plusieurs vulnérabilités :

- Un positionnement géopolitique risqué : soutien ferme et continu à l’Ukraine, ambiguïté calculée de la vis à vis d'Israël sans jamais condamner franchement ses frappes contre la Palestine, le Liban et l'Iran ouvrant la porte à des représailles cyber de la part de groupes hacktivistes pro-iraniens, pro-Russes et pro-palestiniens, on l'a vu notamment pendant les Jeux Olympiques de Paris en 2024.
- Une surface d’attaque très large : services publics fortement numérisés, entreprises interconnectées et des systèmes souvent anciens et sous-financés qui peinent à se moderniser du fait entre autre de la dette du pays très élevée.
- Une culture cybersécurité encore insuffisante dans de nombreuses administrations.
- Des données très recherchées : les informations d’identité françaises (carte d’identité, passeport, permis…) ont une forte valeur marchande sur le dark web.
- Un retard technologique : comme le reste de l'Union europénne, la France accuse un retard sur l’IA défensive, dépend massivement d’outils américains pour sa protection et ne bénéficie d’aucune mutualisation réelle entre États membres : l'Union européenne est fragmentée en 27 marchés nationaux et ne peut pas rivaliser. Pas de champion continental de la cybersécurité IA comparable à CrowdStrike, Palo Alto Networks ou encore Microsoft Sentinel.
- Les startups cyber européennes prometteuses se font souvent racheter par des acteurs américains.
- Absence d'une doctrine commune de riposte ou de mutualisation des renseignements cyber entre États membres. Les intérêts nationaux sont divergents, la lourdeur bureaucratique et la méfiance entre États rendent toute coordination réelle quasi impossible. Chaque pays se défend seul et la France, en première ligne, en paie le prix fort.

  • ️ Informatique fantôme d'Europol.
    Justement, au niveau européen , la confiance est aussi ébranlée. Privacy International révèle que des eurodéputés demandent de geler une partie du budget d’Europol après la découverte d’un système IT parallèle (shadow IT ou informatique fantôme) qui utilise des outils informatique sans l’autorisation officielle de la direction informatique et qui collecte massivement : téléphones, pièces d’identité, données financières et géolocalisation… même sur des personnes non suspectées d’aucun crime.
    Cela crée d’énormes failles de sécurité parce que ces outils ne sont ni contrôlés, ni mis à jour, ni audités. Source 

️ Passeport Numérique des Produits (DPP)

Mais le problème va bien au-delà. Pendant que nos systèmes sont piratés, l’Union européenne accélère la construction d’un système de traçabilité totale :
- Vérification d’âge européenne via l’EUDI Wallet pour contrôler l’accès à internet.
- Passeport Numérique des Produits (Digital Product Passport) : chaque objet du quotidien (vêtements, textile, batteries, téléphone, pneus, détergents obligatoire dès février 2027, meubles dès 2028…) aura bientôt sa carte d’identité numérique obligatoire via QR code, avec composition, origine, empreinte carbone, réparabilité et historique complet, y compris pour les produits d’occasion.
Objectif officiel : économie circulaire.
Réalité possible : traçabilité totale des personnes et des objets.


Conclusion

L’Union européenne construit notre cage numérique avec les outils de la Silicon Valley, les mêmes qu'Instagram !
Tant que nous restons dans le cadre eIDAS 2.0, du portefeuille européen et du Passeport Numérique des Produits, nous ne récupérons aucune souveraineté réelle. Nous remplaçons juste une dépendance américaine par une dépendance européenne qui reste techniquement américaine...

Voulons-nous une identité numérique sous contrôle français total, avec des standards nationaux, des serveurs en France, des logiciels libres et une maîtrise 100 % souveraine ? Ou allons-nous continuer à déléguer notre identité à Bruxelles qui la sous-traite à Google, Apple ou Microsoft ?
La souveraineté numérique, c’est une affaire nationale. Pas celle d'un exécutif européen, non élu, qui décide seul d'une architecture touchant à l'identité des citoyens ainsi qu'à nos données personnelles.

« Prétendre que vous n'accordez aucune importance au concept de vie privée parce que vous n'avez rien à cacher n'est pas très différent que d'affirmer que vous n'avez que faire de la liberté d'expression parce que vous n'avez rien à dire » - Edward Snowden.

En 2027, votons François Asselineau pour une totale souveraineté et pour la liberté.

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Patrice Cali
Membre du bureau politique de l'UPR.

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